Questionnement au sujet du sexe


Réflexion / mercredi, juillet 22nd, 2020

Note : quand je parle se sain / malsain, il faut comprendre une bonne chose acceptée par la société ou non

Aujourd’hui et depuis quelques temps déjà je me pose de véritables questions.

Les Généralités

A dire vrai, quand on y réfléchit, le sexe ne nous sert en réalité qu’à nous reproduire. Cela vous étonne ? Et pourtant, c’est la base du sexe.

Seulement, sauf erreur de ma part, nous sommes la seule espèce (ou quasiment en cas d’erreur), où nous ne pratiquons pas le sexe que pour nous reproduire.

Avec notre évolution, nous, les Humain(e)s, avons découvert un certain plaisir à découvrir cette pratique.

A tel point, que nous avons :

  • Créé des jouets (des godemichets, des vibromasseurs…)
  • Développé des jeux de rôle (on se fait passer pour quelqu’un d’autre)
  • Découvrons notre stimulation et pouvons nous mettre en « danger » (qui n’a jamais rêvé de le faire en public au risque d’être vu ?, exhibition…)
  • Découvrons des plaisirs pouvant pour certains être « inavouables » (BDSM, aimer être entravé, adorer les tortures physiques…)

Bref, il existe autant de panoplie que de personnes.

Les théories

L’une des questions que je me pose est la suivante : si nous détournons le sexe de sa fonction première (la reproduction), est-ce malsain ?

Et la deuxième : est-ce que si prendre du plaisir est une chose saine, est-ce que ces pratiques le sont ?

A ces questions, tout dépend au final de nos croyances, de notre éducation, de nos rencontres, de nos expériences, de notre chemin de vie…

Si je reprends la première question, la religion catholique vous dira « Bouh, c’est mal, tu iras en enfer! »

Mais si je prends le côté physiologique et psychologique : « Si le corps réclame, il convient de combler ses besoins. D’autant que prendre du plaisir permet à l’esprit de lâcher prise, de lâcher de l’endorphine permettant de se détendre et d’aider à dormir. »

Bon, je ne vais pas réciter toutes les théories car d’une, je ne les connais pas toutes et de 2, ce serait inutile. Je veux juste illustrer par là que selon ce que l’on croit, l’on accepte, le sexe peut être considéré comme une chose saine ou malsaine. Même si au vu de notre société ( et je parle uniquement de l’européenne), la doctrine serait plutôt « Faisons-nous du bien tant que cela ne blesse pas autrui ».

Concernant la 2ème question, elle est plutôt tendancieuse. Dans le sens où dans notre société, nous faisons et acceptons beaucoup de choses dans notre vie mais nous ne les dévoilons pas.

Je vais prendre un exemple, dans le passé, afin de gagner plus, je suis devenue vendeuse à domicile de sextoys, lingerie coquine et autres accessoires. En tant que telle, je devais trouver des femmes (car les hommes peuvent causer de réels problème pour ce genre de choses) qui acceptent d’inviter au moins 7 connaissances pour la réunion.

J’ai fait le nécessaire pour prospecter mais voilà la réponse que j’ai eu de la part de 90% des femmes à qui j’ai demandé : « Je veux bien participer mais je ne veux pas l’organiser. »

Bien entendu, cette femme peut avoir plusieurs raisons mais je sentais bien que ces femmes n’étaient pas à l’aise dans le fait d’organiser ce genre de réunion.

Autrement dit : « Vivons caché. »

Personnellement, je n’entends jamais mes collègues ou mon entourage (hormis sur mon compte spécifique sur twitter) parler de leur vie sexuelle. Personne ne m’a avoué : je suis dominant, je suis soumise, j’adore être fouetté, j’adore m’exhiber dans la rue…

Donc déjà que les personnes osent à peine dévoilées qu’elles utilisent un sextoys alors les autres pratiques…

Je me pose la question : Pourquoi ce tabou finalement ? Pourquoi sommes-nous jugés sur notre vie sexuelle ?

Parce qu’un homme qui est à genoux, nu, tenu en laisse par une domina serait-il un bien moindre un grand PDG d’une importante société ?

Parce qu’une femme qui s’exhibe ne peut pas s’occuper correctement d’enfants dans le cadre de son travail ?

D’autant que j’ai entendu des rumeurs (je n’ai pas pris le temps de vérifier) que plus les personnes ont du pouvoir, plus elles sont demandeuses de sexe. Certainement pour lâcher prise, se détendre et avoir un domaine où elles se déresponsabilisent.

Donc d’un côté, la société nous dit : » Fais-le si cela te fait du bien » et de l’autre « Mais ne dit jamais ce que tu fais, ce serait mal considéré. »

Pour ma part, je trouve cela contradictoire, pourquoi ne pas parler d’un bienfait ? Et surtout d’un bienfait que beaucoup de personnes pratiquent ?

Attention à ne pas aller dans l’extrême, je ne dis pas que tout le monde doit raconter ce qui se passe dans la chambre ou dans d’autres lieux mais pourquoi ne pas demander des conseils ou parler de pratiques de manière générale ?

Arrivons à moi

J’ignore ce qu’il en est pour vous. Mais comme je l’ai déjà dévoilé dans un précédent article, ma mère m ‘a fait comprendre (car elle ne l’aurait jamais dit directement ou avec des mots) « Le sexe c’est sale, le sexe c’est malsain ». Ma mère fait partie des gens qui n’aime pas le sexe et l’a pratiqué uniquement pour avoir des enfants. Vous me direz « Mais non! ». Vous m’expliquerez alors pourquoi quand son amoureux vient chez elle, ils dorment dans des chambres séparées… Vous me direz que cela ne veut rien dire mais je connais quand même ma mère.

Bref, J’ai fait mon éducation sexuelle avec tous les moyens à ma disposition mais avec cette doctrine que je ressentais au quotidien.

Paradoxalement à cette doctrine, j’y ai pris goût, j’aimais le sexe. Mais cette doctrine m’a pollué car j’ai longtemps refusé certaines pratiques comme la fellation. Selon ma vision à l’époque (et je dis bien SELON MA VISION A L EPOQUE), c’était une pratique destinée aux seules prostituées.

Donc mon partenaire me prenait et employons le mot commun pour une pute s’il demandait une fellation.

Je me suis laissé tenter et j’ai découvert que je l’aimais tout comme d’autres pratiques. Etant d’humeur curieuse, j’ai demandé à mon ex-mari d’introduire des jouets, des jeux….

Bon, à la fin ca s’est mal fini mais n’en parlons plus, c’est derrière moi.

Sauf que suite à mon divorce, j’ai découvert une chose : je ne peux pas me passer de sexe. J’ignore si c’est parce que je l’ai pratiqué de manière très fréquente, si c’est dans ma nature, si ce sont mes pensées… mais j’ai découvert qu’après 3 mois d’abstinence, je suis capable de sauter sur le premier homme venu à tel point que j’ai même fait du gringue à un collègue (contrairement à mes principes). Bon, il n’a pas compris et ne s’est rien passé.

Alors la question que je me pose, est-ce sain que le sexe soit un besoin ?

Je ne répondrais pas à cette question car je crois que la question peut n’être qu’ouverte. Oui parce que si j’en ai besoin et au vu de ce que j’ai dit plus haut, cela a des effets positifs. Non parce qu’il faut faite attention à la dépendance. Et entre 2, il y a toutes les nuances.

Je continue mon parcours où j’ai eu comme dirait certains la chance de rencontrer un dominant (pour ceux qui se poseraient la question, ce n’est pas Monsieur Yannick).

Il m’a fait découvrir la soumission, pratique dans laquelle mon plaisir est plus rapide mais également plus puissant. Je l’ai pratiqué pendant quelques mois avec lui.

Sans rentrer dans les détails de ma vie, par la suite, le sexe m’a manqué. C’est dans cette période où j’ai eu l’audace de faire quelques rencontres d’un soir sur un site dédié. Seulement, je me suis aperçue que cela ne me convenait pas. Dans un premier temps, les hommes n’embrassaient pas tous et il venaient que pour du cul. Pas de tendresse, on ne parle pas de nos vies. C’est je viens, préliminaires, je te prends et je me barre.

Cette froideur m’a donné très vite l’envie de ne plus recommencer.

Ensuite, je me suis mise en quête à trouver d’autres dominants. Mais pareil, cela ne m’a pas convenu. Soit les hommes ne s’occupaient que de leur propre plaisir et le mien, on s’en fout. Soit comme les premiers, il n’y avait pas cette tendresse, ce lien affectif…

J’ai de nouveau tout stoppé. Par moment, je revoyais le premier dominant qui arrivait à combler mes besoins et je dois dire heureusement mais je sais que pour avoir une relation sexuelle avec un homme, j’ai besoin de tendresse, d’affection, d’un lien même s’il est éphémère et qu’il se préoccupe de mon plaisir. Un homme qui ne m’embrasse pas, qui veut que je m’occupe de lui sans rien en retour, c’est fini.

Pour cela que je ne veux plus de rencontre d’un soir, c’est beaucoup trop mitigé.

Et pour les curieux, j’ai rencontré Monsieur uniquement par la discussion intéressante et intelligente. Il a su attiser ma curiosité et mon intérêt pour lui.

Toutefois, je me suis rendue compte d’une chose. Quand je faisais l »amour (ou baisait mais j’aime pas ce terme) et qu’il n’y avait pas ce lien D/S, j’avoue que cela m’a manqué. J’avais presque envie de dire à mon partenaire : « Qu’attends-tu pour me donner une fessée? »

Alors aujourd’hui, j’ai des questions. Je me demande si c’est vraiment une bonne chose que de s’exhiber, que d’avoir des pratiques qui soient en dehors de la norme, que d’avoir un compte twitter, insta et même un blog sur le sujet ?

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou ne serait-il pas temps de tout arrêter et me focaliser sur quelque chose dont je peux parler à mon entourage ? Dont je peux parler sans vergogne à tout le monde ?

Même si le sexe et encore plus la relation D/S sont devenus un besoin pour moi, qu’en sera-t-il si jamais je rencontre quelqu’un qui me plaît ?

Si je ne le dévoile pas, une frustration qui peut détruire ladite relation peut naître. Si je lui dévoile trop vite, j’ai peur qu’il s’imagine des films ou de vouloir vivre des expériences que je refuse (cela m’est déjà arrivé).

Alors j’en reviens toujours à cette question qui est au fond de moi, dois-je continuer ou non ?

Une partie de moi trouve tout cela malsaine bien que plusieurs personnes me disent qu’il n’y a rien de malsain vu que je réponds à mes envies, à mes besoins et que mon corps réagit favorablement à ces stimulis.

Une partie de moi est frustrée de ne pouvoir parler de cela à mes proches. Mais nous vivons dans un monde de jugement. J’ai beaucoup galéré pour avoir la vie sociale que j’ai ce jour et je n’ai pas envie de la perdre. Même si je sais que si je perds les gens à cause de cette partie de moi, c’est que je n’aurais jamais dû m’intéresser à eux. Une amie m’a dit : »Les amis sont là pour écouter, conseiller, te soutenir mais jamais pour te juger. »

Une partie de moi adore ce côté de moi et si je l’écoutais, je ferais beaucoup plus souvent des expériences sexuelles ou essaierait de voir mes 2 partenaires actuels beaucoup plus souvent.

Une partie de moi se demande si justement le fait d’avoir ces deux personnes dans ma vie bloque le fait que je ne rencontre pas la personne avec qui je pourrais construire une relation amoureuse durable.

Une partie de moi en a marre de toutes ces questions et voudrait juste dire Stop, ne réfléchis pas, vis le moment présent, accepte les opportunités et met ton satané cerveau sur OFF.

Au final, cela fait beaucoup de parties de moi mais comme l’a dit Monsieur Yannick, nous sommes comme un diamant : « Nous avons de multiples facettes et quand nous en voyons certaines, d’autres sont cachées. nous ne montrons que celles dont nous avons besoin dans la situation présente. »

Conclusion

J’ignore combien de personnes liront cet article mais je demande à vous, lecteur, de ne pas hésiter à dire ce que vous en pensez. Pensez-vous la même chose ? Vous posez-vous ce genre de questions ? Pourquoi ?

Alors n’hésitez pas à commenter ou à m’envoyer un message si vus voulez témoigner sur le sujet.

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