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Cher journal,
Ma dernière histoire commence à dater. Mais peut-on appeler cela une relation quand celle-ci était juste un contrat pour une relation D/s ?
Les semaines passent et rien ne change. Je me sens seule, frustrée, en manque de tendresse autant que de sexe. J’ai entendu tant d’histoires de couples qui avaient commencé par une simple rencontre d’un soir que je finis par me dire : pourquoi pas moi ? Alors, un soir, je m’inscris sur un site.
Le premier homme que je rencontre me plaît. Il y a du feeling, de la tendresse et je me surprends à espérer une suite. Elle ne viendra jamais. D’autant que je n’ai pas été pleinement satisfaite et j’ai joué un jeu dangereux du fait que je suis montée dans la voiture d’un inconnu pour qu’il m’amène chez lui. Je dois avouer que j’ai eu de la chance.
J’en rencontre un second mais il ne veut aucune tendresse, pas de baiser, pas de câlin, pas de discussion. En gros, il est venu pour se vider et repart aussi sec. Lui veut me revoir. Seulement, je suis une femme qui a besoin de tendresse, de câlin. Je ne suis pas juste une vide-couille. Certes, je suis satisfaite sexuellement mais pas dans le domaine affectif.
Après d’autres rencontres, j’en conclus que rencontrer un homme pour baiser n’est pas fait pour moi.
Alors dans quelle direction partir ?
Ma dernière histoire était basée sur la soumission et je reconnais que cela m’avait bien plu. Ni une ni deux, je crée un compte sur le marché aux esclaves.
À peine mon inscription terminée, j’ai eu plus d’une centaine de messages. Entre les messages insultants, les hommes qui ne respectent pas mon âge voire n’habitent pas la région parisienne, j’en supprime 80% sans même prendre le temps de répondre.
Sur toutes ces conversations, seules quelques-unes ont dépassé les premiers échanges. Finalement, je n’ai rencontré que trois hommes.
J’accepte d’en rencontrer un. Il s’avère que nous devons nous retrouver dans un coin isolé en campagne. Nous nous saluons et marchons. Quand nous sommes seuls, je le laisse m’embraser et libérer mes seins. Mais, je n’aime pas le ton qu’il emploie. Il appelle mes seins “mamelles”.
Pour rappel, je débute dans la soumission et je ne me rendais pas encore compte que c’est un moyen de m’avilir. Il constate ma docilité et mon obéissance. Lorsqu’il me dit que j’ai “du potentiel”, j’y vois un compliment. Ce qui me conforte que la soumission est bien faite pour moi.
De retour chez moi, nous continuons à discuter par messages. Très vite, il m’explique qu’il n’a aucune limite et qu’une chienne comme moi ne mérite d’être prise que par un chien. Je comprends immédiatement où il veut en venir. Cette conversation me glace.
Vu que l’on se contactait par Snap, j’ai finalement supprimé le compte et n’ai jamais donné de suite. Il m’a trop effrayé.
Je contacte d’autres et en trouve un autre. Je me rends chez lui dans la tenue imposée. Mais il habite à l’opposé de la région parisienne de chez moi. J’ai un impératif et plus je passe du temps dans les bouchons, plus je vois le temps se réduire avec lui. J’arrive finalement chez lui et je me souviens que c’est un simple studio. À peine arrivée, il me passe un collier autour du cou.
Je me retrouve rapidement nue, à obéir à ses ordres : m’allonger sur le lit, me tourner, écarter les jambes. Il me caresse, me fait un cunnilingus, me donne la fessée, puis me pénètre. Nous prenons tous les deux du plaisir, mais tout s’enchaîne si vite que j’ai l’impression de repartir presque aussitôt.
Mais voilà, l’heure a tourné, nous n’avons pas le temps de débriefer. Je me rhabille rapidement avant de partir. Pendant le trajet du retour, j’essaie de me projeter. Même si j’ai eu du plaisir sexuel, je n’ai pas eu un coup de cœur pour l’homme. D’autant que les embouteillages useraient bien vite ma patience. Je décide donc de ne pas donner suite bien qu’il soit en demande.
Quand, enfin, je discute avec un homme qui a les mêmes envies et même vision du BDSM, je décide de le rencontrer. Il est plus âgé que moi mais au vu de la réussite de mes dernières rencontres, peut-être qu’en retirant ce critère, cela fonctionnerait mieux. Je me souviens encore d’images de situation qu’il m’envoyait pour savoir si c’était quelque chose qui me ferait envie.
Rien qu’en le voyant, j’ai su que non. Il est trop âgé et je ne pourrais pas me laisser aller avec lui. J’ai bien conscience d’avoir un blocage avec l’âge. J’ai voulu faire un effort mais ce serait trop compliqué à gérer pour moi. Il le comprend rapidement et c’est ce qui me chagrine le plus.
Est-ce trop demandé de trouver un homme pour qui j’éprouve un feeling qui ne me fasse pas peur avec ses idées et qui n’habite pas trop loin de chez moi ?
Qui m’a dit que trouver un dominant était simple ?
En fait, cela est facile si on renie ses critères.
Entre l’échec des coups d’un soir et les dominants, une idée qui me suivra pendant longtemps commence alors à s’imposer :
je ne tomberai plus jamais amoureuse et n’aurai plus d’histoire. C’est triste d’autant que je me sens encore jeune.
Toutefois, tous ces moments passés me manquent et je réalise que je risque de les oublier alors qu’ils étaient juste incroyables. Et ce, en termes de ressenti et de vécu. Après tout, j’adore écrire. La question est sous quel format.
Après tout, je le fais avant tout pour moi donc un journal intime serait suffisant. Et pourtant, je me suis posée mille et une questions avec une réelle difficulté à trouver les réponses. Je me dis que partager mon expérience peut être une bonne idée. Sans compter le fait que j’ignore si d’autres ont le même vécu.
J’opte donc pour un blog. Maintenant, reste à savoir comment le faire découvrir. Je ne suis pas très réseaux sociaux et j’y connais finalement peu de choses. Je demande à mon ami Google et j’opte pour X (anciennement Twitter).
J’écris plusieurs articles et les diffuse au fur et à mesure. Je demande à certains comptes ayant des followers de m’aider à me propulser. Certains refusent et d’autres acceptent.
C’est là que je découvre le mot dickpick. Il me faudra modifier plusieurs fois la description de mon compte avant d’avoir enfin la paix à ce niveau-là. Je suis contactée par différents hommes qui veulent principalement du sexe sans réellement s’intéresser à la personne que je suis.
Il me faudra trouver du temps et beaucoup de patience avant de faire le ménage et de comprendre comment répondre pour savoir de suite à qui j’ai affaire.
Quelques années plus tard, je diffuserai mon blog sur Facebook puis sur Fetlife.
Parmi tous ces hommes, certains ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparus. D’autres ont profondément changé ma vie. Le premier d’entre eux s’appelle Maître Yannick.