La porte de la chambre d’hôtel se referme derrière lui. Le bruit est feutré. Définitif. Il n’a pas le temps d’observer la pièce. Elle est déjà là.

Robe noire moulante. Décolleté vertigineux. Silhouette droite, immobile, léger maquillage noir sur les yeux. Elle ne sourit pas — elle l’analyse. Comme si elle le scannait de la tête aux pieds.

Il veut parler. Son doigt se pose sur ses lèvres :

” Chuuut …”

Sa voix est douce, mais ne serait être contestée. Son ventre se serre immédiatement. Elle s’approche, lentement. Il sent sa chaleur avant même qu’elle ne le touche. Puis le tissu glisse sur ses yeux. Un double noeud est fait.

L’obscurité est totale. Et avec elle, une bascule. Il ne contrôle rien.

Ses mains commencent à le déshabiller. Calmement. Lentement. Méthodiquement. Aucun empressement. 

Il frissonne quand l’air touche son torse désormais nu Elle s’accroupit pour retirer son jean, qui tombe au sol, son souffle est proche. Trop proche de …. Un contact avec la pointe de sa langue, volontairement bref. Un léger « hummm » satisfait se fait entendre.

Elle se relève. Sa main le saisit et lui impose une direction. Elle le guide à travers la pièce sans un mot.

Puis une pression des deux mains sur son torse. Il bascule sur un fauteuil en cuir. Froid. Lisse. 

” Ne bouge pas. “

Elle tourne autour de lui. Lentement. Il n’entend que ses talons et sa propre respiration. Elle ne le touche plus. Et c’est insupportable.

« Ce que j’aime chez toi… » murmure-t-elle enfin, « c’est à quel point tu deviens à ce moment dépendant du moindre de mes gestes. »

Elle a raison. Tellement raison. Il attend. Il brûle. Il anticipe. Il imagine. Elle s’installe à califourchon sur lui. Droite. Sûre d’elle. Il sent le tissu de sa robe sur son corps.

« Les mains sur les cuisses. »

Il s’exécute. Sans hésitations. Elle commence à jouer avec son désir. À l’emmener très haut… puis à s’arrêter net. Encore. Encore et encore … Il tremble. Respire bruyamment. Son bassin cherche presque le contact malgré lui.

Sa main se pose fermement sur sa poitrine.

” Stop. “

Le mot le transperce.

” Un peu plus et tu perdais tout contrôle. “

Ce n’était pas un reproche. C’était un constat. Et le pire… c’est qu’elle avait raison. Elle le laisse au bord. Suspendu à ses envies. Frustré.  Puis soudain :

” Debout! “

Il s’exécute immédiatement. Ses jambes sont instables. Il entend le froissement d’un tissu. Sa robe tombe au sol. Puis le bruit de ses pas avec ses chaussures à talon. Elle tourne autour de lui en laissant sa main traîner sur ses hanches. Ses ongles appuyant légèrement sur sa peau. Puis plus rien. Le cuir grince.

Elle prend sa place sur le fauteuil. L’inversion est brutale.

” Maintenant… À genoux !  ” Son ton est direct et ne laisse aucune place au doute ou à l’hésitation.

Il descend. Sans réfléchir. La moquette sous ses genoux, sa tête légèrement inclinée. Il est passé de celui qui attend à celui qui offre. Et c’est là que quelque chose bascule en lui. Sa main glisse dans ses cheveux.

« Tu veux ta récompense ? »

« Oui… »

” Tu dois la mériter… Je veux que tu me lèches et que tu me fasses jouir. Pas une fois. Non. Deux fois. C’est moi qui déciderait si c’est suffisant, si tu me satisfait tu seras récompensé. Si non, tu n’auras rien.”

Son cœur cogne dans sa poitrine. 

Elle ne donne pas plus d’instructions. Elle n’en a pas besoin …

Il se rapproche. Lentement. Sa bouche remonte le long de ses cuisses pour arriver au niveau de ses lèvres.Il se concentre totalemment sur elle. Sur son souffle. Sur les infimes réctions de son corps. Sur les tensions qui apparaissent sous ses mains qui tiennent ses hanches.

Au début, il est appliqué. Puis devient attentif. Puis enfin obsédé.

Chaque variation de sa respiration devient un signal. Chaque micro-mouvement une information. Il ajuste. S’ adapte à son rythme. Il ne pense plus à lui. Seulement à la satisfaire et lui donner ce qu’elle a demandé. Il se délecte. Tout est tellement intense, tout ce qu’il ressent si brut.

Ses doigts se crispent dans tes cheveux. Sa respiration se brise légèrement. Un frisson plus profond traverse son corps. Elle ne parle plus. Puis elle se relâche.

Silence.

Sa main glisse sur sa joue.

« Un »

Ce simple mot le traverse comme une décharge. Au lieu d’être rassasié… il en veut plus. Pas pour la récompense. Non. Pour entendre ce ton encore…

Pour sentir cet abandon, cette validation. La seconde fois est différente. Beaucoup plus intense. Elle se laisse aller plus loin. Elle ne se retient plus. Ses soupirs deviennent plus francs. Plus bruyants …

Cette vulnérabilité qu’elle lui accorde… le rend encore plus accro. Il redouble d’attention. Il veut l’entendre perdre le contrôle — et la boire. Son corps se tend. Ses cuisses se contractent. Sa respiration se brise complètement.

Puis elle bascule légèrement la tête en arrière.

Un long souffle. Son corps se relâche. Un silence lourd.

” Deux. “

Il reste à genoux. Immobile. Tremblant de désir et d’excitation. La langue engourdie.

Sa main revient dans ses cheveux.

” Tu as été parfait. “

Parfait. Le mot le fait presque vaciller. Elle le guide pour se relever. Il se tient debout devant elle. Elle est toujours assise. Toujours en total maîtrise de ce jeu entre eux deux.

” Ta récompense… “

Sa main retrouve aisément sa verge. Décidée. Maîtresse du rythme. Elle ne joue plus à le frustrer. Elle l’emmène volontairement là où elle l’avait stoppé plus tôt. Mais ce qui l’obsède, ce n’est plus seulement le plaisir.

C’est l’idée d’y arriver parce c’est elle qui le décide.

“Tu jouis quand je te l’autorise. ” dit elle dans un murmure brûlant. Le ton est calme mais autoritaire. 

Il est au bord. Totalement dépendant de ses mots. Elle sent le moment exact, le moment du lâcher-prise pour lui.

Elle se penche légèrement et susurre :

” Maintenant, tu peux te laisser aller …. Et jouir sur me seins…. “

Il s’abandonne complètement et est emporté par l’orgasme dans un râle de plaisir.

Ecrit par R.