Le NON et les dangers du virtuel


Réflexion, Relation BDSM / mardi, octobre 22nd, 2019

L’idée de cet article est venue de ce que j’ai pu lire sur twitter et qui m’horrifie littéralement. Il faut savoir que cet article ne s’applique pas qu’au BDSM et au sexe mais s’applique dans tous les domaines.

Il est vrai que j’ai créé mon blog pour raconter mon expérience de soumise mais c’est aussi mon journal intime où j’ai envie de dénoncer des choses qui terrifient.

Afin que vous compreniez mieux où je veux en venir, Je vais me baser essentiellement sur des anecdotes qui me sont réellement arrivées.

La première est la suivante :

Un homme commence à me parler. Il a compris que je ne veux pas parler de sexe. Seulement, il en a très envie et cherche à me persuader. Pour ce faire, il m’envoie une première photo de sa tête.

Je lui explique clairement que les photos ne m’intéressent pas et que je ne souhaite pas en recevoir d’autres.

Il continue à me parler et m’envoie une autre photo.

Je m’énerve et lui explique que ce qu’il fait est un manque de respect.

Il me répond simplement que pour lui, il n’y a aucun mal à le faire car il n’envoie pas de photo de son intimité.

Seulement, j’essaie de lui expliquer que faire une chose (même virtuellement) alors que j’ai dit non m’énerve. Car je n’apprécie pas du tout et ne me sens pas à mon aise.

Continuer à faire une chose alors qu’une personne dit non = agression

Peu importe ce qu’est cette action et même si elle a des intentions qui sont bonnes. Quand une personne dit non, vous devez arrêter. C’est aussi simple que cela. Et pourtant, bon nombre de personne s’en contrefiche et insiste.

Je trouve que cela est un manque de respect et j’ai pu constater ce genre de comportement hier au cinéma :

Avant le début du film, j’ai demandé aux personnes devant d’éteindre leur téléphone (2 personnes avaient leur téléphone d’allumer).

Au quart du film, l’une des femmes allument son téléphone. Je demande haut et fort à ce qu’elle l’éteigne. Et je me fiche bien de déranger la salle.

Au milieu du film, la deuxième allume son téléphone. Je râle de nouveau. Les personnes râlent car clairement je les dérange. Un homme prend ma défense. D’autres se manquent de respect oralement. Je vous le dis c’était clairement le bordel.

2 minutes après que cela se calme, le personnel du cinéma est intervenu. Bizarrement, jusqu’à la fin du film, aucun autre incident ne fut provoqué.

Je ne comprends pas l’irrespect des gens d’allumer leur téléphone au cinéma en le mettant en évidence afin de gêner les personnes qui sont derrière.

Et je trouve cela encore plus pitoyable qu’une personne d’autorité doive intervenir pour que cela s’arrête.

Pourquoi j’en parle ici ?

Tout simplement parce que si les personnes sont sans gêne dans leur vie réelle, comment voulez-vous qu’il en soit autrement en virtuel.

Après tout, sur un réseau social, il y a un écran et tout est permis. Voici la troisième anecdote

Une de mes potes a affiché le sexe d’un homme qu’elle avait reçu sur son fil d’actualités.

Un homme a répondu : « Cela te fait peur. C’est du virtuel. Il n’y a aucun danger et aucune peur à avoir. Alors je ne comprends pas pourquoi tu t’offusques. »

Cela m’a effrayé car derrière un compte d’un réseau social, se trouve une vraie personne avec des sentiments, des idées et des pensées. Ce n’est pas parce qu’il y a un écran que tout est possible.

A l’entendre, alors, allons-y, violons virtuellement une femme. Après tout, ce n’est que virtuel, il n’y a pas de danger et cela ne lui fera rien !

Et pourtant, des mots peuvent être bien plus dangereux et bien plus puissants qu’une image ou une photo.

Je me souviens de cet été où je suis allée travailler sans culotte. J’avais fait plusieurs photos pour le prouver. Je m’étais bien amusée car je l’ai pris pour un jeu.

Sauf qu’un homme m’explique que s’il m’avait vu en train de m’exhiber, il n’aurait pas pu s’empêcher de s’approcher de moi.

Certes, ce n’était que des mots et pourtant, leur impact m’on fait littéralement flipper. Parce que ce que je prenais pour un jeu aurait pu se terminer en véritable cauchemar. Je n’avais pas réalisé le danger encouru.

Et plus il me parlait, plus je ressentais de la peur derrière mon écran. Il m’a fallu du temps pour me calmer et m’apaiser.

Alors oui, le virtuel n’est pas sans danger et n’est pas sans peur.

Mais comme c’est du virtuel, trop de personnes agissent différemment et se permettent des propos ou des comportements qu’ils n’auraient pas en réel. Quand cela va dans le bon sens, pas de problème.

Sauf que j’ai eu souvent droit à : « Excuse-moi, je ne suis pas comme cela. C’est du virtuel et je n’agis pas comme j’agis dans la vie réelle. »

Afin d’éviter les problèmes, soyez vous-mêmes et parlez aux gens comme s’ils étaient en face de vous.

Je peux vous assurer que cela sera grandement apprécié. Entre autres par moi. Et surtout, quand une personne vous demande d’arrêter de parler d’un sujet ou d’envoyer des photos, respectez sa décision.

Dans le cas contraire, vous devenez un agresseur à partir du moment où vous forcez la personne à satisfaire vos envies (par vos mots, vos photos, vos vidéos) alors qu’elle vous a dit non.

Depuis mon ouverture sur twitter en mars 2019, j’aurais pu déclarer une 50aine d’agresseurs car ils veulent me persuader d’apprendre à les connaître, de parler de sexe, de les rencontrer voire de coucher avec eux.

Alors, pour résumé et si vous ne voulez pas que les autres vous traitent d’agresseur :

  • Un compte twitter = une personne réelle
  • Un non virtuel = non réel = STOP
  • Le respect = première règle. Cela passe par l’écoute de l’envie de l’autre
  • Virtuel (peut être) = DANGER REEL
  • Vos mots, vos photos et vos vidéos =impact sur la personne = ressenti (quelqu’il soit)

Voici une vidéo où il s’agit d’adolescents mais je peux vous assurer que cela s’applique aussi à des adultes :

J’en profite pour rappeler ceci :

Trois à lois à connaître-Source: Stop-cybersexisme.com

  1. Cyberharceler est puni par la loi de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.
  2. Partager sans consentement des contenus à caractère sexuel (même si la victime a consenti à la captation de ces contenus!) est passible de 2 ans de prison et 60 000 € d’amende.
  3. Harceler en ligne en groupe (raid numérique) est passible de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.

2 réponses à « Le NON et les dangers du virtuel »

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