Passage à l’an 2022

Suite à plusieurs propositions et me demander où passer le nouvel an, j’ai choisi d’aller à Cris et chuchotements.

Je ne le savais pas mais j’aurais dû réserver mais j’ai quand même été acceptée.

Mon challenge de cet article est de vous transporter dans ce lieu et de vous faire vivre l’ambiance qu’il y avait ce soir-là. Et j’ai le sentiment que cette ambiance est la même quelle que soit le jour de l’année.

Je suis accueillie par le patron. Il me demande si je sais où je suis et après quelques explications, il me laisse entrer. Je vais comprendre par la suite que ma robe élégante est trop habillée pour le lieu. Peu importe, il est chaleureux, gentil, convivial, il me met à l’aise. Et je dois dire que j’apprécie que le masque ne se porte pas dans ce lieu.

Une fois que j’ai payé et déposé manteau et sac, je descends. J’arrive tout droit dans le coin bar. J’avoue que c’est exigu mais pas étonnant, nous sommes dans une sorte de cave parisienne. Le plafond est courbé avec des briques. Cela a un certain charme avec la décoration accompagnant cet endroit.

Je me dirige au bar car la femme derrière m’a indiqué qu’elle me ferait visiter les lieux. Mais seule et prise, un couple commandant un verre prend le parti de me prendre en charge et me fait visiter. Cela commence plutôt bien.

Au fond à gauche, se trouve une petite pièce contenant une croix de Sainte André. Dans une seconde, une balançoire BDSM.

Nous revenons au coin bar, à l’opposé, se trouve un escalier qui monte et qui mène dans la pièce de droite, une pièce plus grande contenant un cheval d’Arçon BDSM, une croix de Sainte André tournante, des fauteuils. Dans une pièce un peu cachée, un coin câlin.

A gauche, un petit couloir qui mène à la “Bibliothèque” avec es fauteuils simplement, une autre pièce avec une table chirurgicale et une dernière une salle d’eau.

J’avoue que j’ai du mal avec la table chirurgicale mais ce n’est que mon avis.

Nous redescendons au coin bar et m’installe dans un coin. Je n’ai pas envie de gêner les tourtereaux. Alors je fais ce que je sais faire de mieux en pareilles circonstances, j’observe.

Les femmes sont toutes en lingerie : body, corset, collants, bas, porte jarretelles… Mais toutes en noire. Note à moi-même, si je veux revenir : me procurer de la lingerie noire dans le même style si je veux revenir.

Les hommes sont soit en costume, soit en tenue plus légère pour ceux portant un collier et même une laisse.

C’est à ce moment que je comprends que ma tenue est un peu en décalage même si après coup, quelques femmes (peu nombreuses) étaient en robe comme moi.

J’assiste à trois spectacles dans cette pièce. Le couple qui m’a accueilli, la jeune femme est assise par terre au pied de son maître. Ensuite, arrive un couple où la femme est domina, lui soumis vu qu’il s’assied également. Elle l’aide à lui mettre son collier et ses entraves aux poignets. Un autre couple où l’homme a dévoilé son sexe que sa soumise dévore goulûment.

Je remarque qu’il y a des hommes seuls mais là où je suis, personne ne peut m’aborder ni ne peut me parler. Je prends le parti de retrouver le couple et nous discutons. Très vite, il me propose à un deuxième groupe et je me tourne vers un troisième.

Il se trouve que j’accroche avec un homme et nous allons passer une bonne partie de la soirée ensemble à discuter, voir, visiter…

Je sens au vu de l’accueil de ses personnes qu’elles sont vraiment adorables. Elles me laissent m’intégrer, elles sont chaleureuses, tolérantes, ouvertes, respectueuses. Je comprends où je suis : c’est une grande famille qui accueille toute personne qui veut la rejoindre.

J’ai pu faire de nombreuses soirées ou lieux et je dois dire que j’ai rarement rencontré un tel accueil. Le moon, pour ne pas le citer, me semble plus froid à côté. Il faut dire aussi que je n’y suis jamais allée seule.

Le temps passe vite, il est déjà minuit. Pour le décompte. Le patron et sa femme prennent deux soumises qui se prêtant avec le sourire au jeu et reçoivent une fessée pour les 10 dernières secondes.

Et voilà, nous nous souhaitons la bonne année. Seules les personnes qui se connaissent s’embrassent. Pour ma part, je trinque avec les gens qui sont autour de moi.

S’enchaîne une vente aux esclaves. Je comprends vite que c’est un jeu, que personne ne prend cela vraiment sérieux. Quoique…

C’est la femme qui m’a fait visiter qui est vendue. les prix s’emballent avec de l’humour, de la sympathie, c’est bonne enfant.

C’est après que les gens s’éparpillent et commencent à jouer dans les différentes salles. Il est temps d’aller découvrir comment les personnes jouent. Mais avant une petite remarque et c’est aussi pour cela que j’aime de monde, quoique j’ai pu voir, les personnes dominantes ont toutes eu un égard pour leur personne soumise. Autrement dit, elles ont toutes fait attention aux réactions de la personne qu’elles avaient en main et se sont toutes adaptées à elles. Quand la douleur était présente, celle insupportable, ou que la pratique était suffisante, elles changeaient.

De plus, je ne me suis jamais sentie dans le rôle d’une voyeuse mais complice d’un moment secret, que personne ne dévoilera.

Enfin, je n’ai pas assisté à des pratiques sexuelles ou à de l’exhibition mais à de l’art ou un spectacle. Je ne saurais comment le dire autrement.

Plutôt que de vous raconter l’ordre de ces spectacles, je vais vous les raconter, pièce par pièce de celles qui m’ont fait le moins d’effet à celle qui m’a fait presque couler en regardant. J’ai bien dit presque…

La Bibliothèque

Rappelez-vous, une petite pièce avec des fauteuils. J’y ai pu voir une domina assise, avec son soumis à ses pieds en train de dévorer littéralement ses chaussures. Je suis impressionnée. Je ne pourrais pas le faire et bizarrement, j’ai dû mal à comprendre. Mais je regarde, j’observe, je me permets de poser des questions.

Quand elle en a assez, elle se lève. Il pose les mains sur le mur où les livres ne sont qu’un papier peint et la voilà qui le fouette avec un martinet.

Je regarde mais j’avoue que voir un homme soumis ne me fait pas grand chose. Je ne m’imagine pas à sa place même si je comprends parfaitement qu’un homme aime être dans cette condition.

Plus tard, dans cette même pièce, se trouvera un autre couple avec une domina qui tape les fesses de son soumis avec une baguette.

Mais même spectacle et donc qui ne me fait pas grand chose à moi bien que eux prennent du plaisir et d’autres personnes les voyant en prennent.

La Croix de Sainte André

Il est vrai que je n’en ai jamais eu en vrai. Je la trouve beaucoup moins impressionnante qu’en photo ou dans mon imagination.

En premier est attachée une femme, visage tourné vers le mur. Son maître travaille ses fesses avec une cravache.

Il se tourne vers l’assistance et nous indique que le désir de sa soumise est qu’une femme le fasse. Je me porte volontaire pour essayer même si j’ignore comment utiliser cet objet. Je m’y essaie pour voir et donne des petits coups sur chacune comme son maître l’avait fait précédemment. Aussi étrange que cela puisse paraître, bien que je ne pense pas être une domina sans le savoir, le faire me procure une petite excitation.

J’aurais pu continuer mais je sens qu’elle ne prend pas de plaisir, que je m’y prends mal. Je me tourne vers l’autre femme de la pièce et lui propose.

Elle est domina et je vois de suite la différence vu la force de frappe et la réaction de la soumise. Le spectacle est beau à voir.

Se seront enchaînés par la suite, des hommes attachés à la crois avec des dominas les fouettant avec des martinets, des baguettes ou encore des cravaches.

La Cage

Entre le coin et la pièce de Sainte André, se trouve un coin avec une cage. lors de la soirée, un maître y a enfermée sa soumise. Elle se retrouve sur une chaise, attachée, yeux bandés. Alors au vu de la distance, personne ne peut la toucher.

J’ai à la fois envie d’essayer mais d’un autre côté, j’ignore si les sensations seront présentes. Après tout, elle ne peut être touchée, ni caressée mais dans le même temps, ne voyant rien, elle ne peut être qu’à l’affût.

Je pense que ce n’est pas ce genre de cage que j’aimerais essayer car je pense que oui, être enfermée, oui pourquoi pas yeux bandés mais avec des jeux autour de caresses et des mots.

Le coin Bar

Dans le courant de la soirée, j’apprends qu’il y a un jeu avec des couteaux. Moi qui suis curieuse, je vais voir mais quand j’arrive, ce jeu est fini. Ce qui n’empêche pas de voir une femme debout, mains attachées au-dessus de sa tête par une corde accrochée à un anneau fixé au plafond.

Une domina possède un fouet et commence par les fesses et les jambes. Je n’ose imaginer le ressenti de la soumise. Car pour une fois, j’arrive à me mettre à sa place, à imaginer.

Et je commence à comprendre que toutes les personnes qui jouent le font avec envie et qu’elles se fichent d’être vues. Car personne n’est dans le jugement, tout le monde est complice et ce qui rend certainement ces moments si délicieux.

Après plusieurs coups, la domina lui demande de se retourner. Elle la frappe au ventre, sur les seins, les jambes. Lorsque c’est intolérable, la soumise, bouge, émet des cris de chien. C’est assez étrange de voir cela. Moi qui suis sensible, je pense que je ne tiendrais pas aussi longtemps qu’elle dans pareille situation.

La domina lui demande de présenter ses pieds. Aïe. Moi qui ne tolère pas la moindre caresse sur cette partie parce que je suis chatouilleuse. D’ailleurs, cela doit être pareille pour la soumise. Elle a du mal à ne pas bouger et se prend d’un fou rire.

Je le connais celui-là. Il reflète à la fois la douleur et le plaisir. L’envie de réclamer des coups comme celle de demander à arrêter. Le corps ne sait plus ce qu’il veut.

La domina finit par la relâcher et leurs copines débriefent sur ce qui vient de se passer.

Il est temps pour moi d’aller voir un autre spectacle même si je commence enfin à m’imaginer être à la place d’une autre.

Le cheval d’Arçon

Les premières fois où j’ai mis les pieds dans cette salle, se trouvaient une nouvelle fois, un soumis attaché au cheval d’Arçon avec une domina qui encore une fois les fessait avec des accessoires.

Chacun et chacune ont leur sacs d’accessoires. Je ne vais pas dire que ce spectacle n’est pas beau avoir mais je l’ai déjà plusieurs fois. La réalité de la soirée me fait prendre conscience qu’il y a plus de femmes dominas que de soumises.

Pourtant les réseaux sociaux me font penser le contraire…

Plus tard, lorsque je reviens, sur un fauteuil est assise une domina qui se fait faire un cunnilingus par un homme à ses pieds. Je la regarde et elle me renvoie mon regard. On dirait presque qu’elle se retient pour mettre au défi son soumis : Si tu veux me faire jouir, prouve moi que tu vas y arriver.

Dans le même temps, une soumise nue est sur le cheval d’Arçon, son maître avec un gode ceinture joue avec elle. J’ignore pourquoi le gode ceinture mais si ce sont leurs jeux, pourquoi pas.

Elle gémit en fonction de la force et de la vitesse des mouvements. Cette fois, oui, je m’imagine à sa place et n’ose imaginer les gémissements émis. Je pense qu’ils seraient plus forts et plus violents que cette femme.

Alors, oui, je me vois à sa place mais je me demande si j’y arriverais. Une part de moi se sent prête. Mais facile à dire quand le maître n’est pas là et que je ne sens pas tous les regards même bienveillants et complices sont sur moi…

Ce qui ne m’a pas empêché d’avoir un entrejambe humide, de ressentir et même de vouloir que des gémissements sortent, me donnant presque l’envie de couler.

Je suis sortie avant.

La balançoire

c’est toujours la même jeune femme qui est attachée à la balançoire, elle a les yeux bandés. C’est la femme qui l’a gagné aux enchère qui joue avec elle.

Elle lui caresse son intimité doucement, tendrement. Elle fait de longues pauses entre deux caresses. Je connais ce jeu, c’est excitant, lorsque l’on est privé de l’un ou plusieurs sens, l’imagination s’emballe et on est à l’affût de savoir ce qui va nous arriver.

Mais à la réaction de la soumise, on voit ce qui lui plaît ou non. A un moment donné, sa domina provisoire lui insère un glaçon. la réaction est immédiate, la soumise bouge et gémit de plaisir. Son maître proche, veillant au grain, la positionne et lui fait comprendre qu’elle ne doit pas bouger.

La domina prend alors un martinet et essaie de lui taper les cuisses. Je dois avouer que cet accessoire demande de l’habileté. Car les premiers coups sont légers et ne provoquent rien chez la soumise.

Après conseil du maître, on entend bien les claquements. les gémissements ne se font pas attendre. Elle la tape sur les cuisses et l’entrejambe avant de reprendre des caresses sensuelles.

La domina demande régulièrement à la soumise comment elle va, si elle aime, si elle veut plus de douceur ou plus de force dans les coups. Elle essaie de lui procurer le plaisir réclamé. Je trouve ce spectacle charmant. Autour de moi, les autres complices ont le sourire aux lèvres. Certains se cherchent discrètement sexuellement.

Même si ce spectacle a eu beaucoup d’effet sur moi, je ne suis pas restée jusqu’au bout, je voulais en voir un autre que j’ai raté….

Fin

Ce que je ne dis pas, c’est qu’entre les spectacles voire durant, j’échangeais avec les personnes présentes. Et je trouve que parler et aller vers les autres est plutôt facile.

Même si j’ai bien vu que deux hommes venus chacun seuls ont passé leur soirée dans leur coin sans quasiment avoir dit un mot. je trouve cela dommage pour eux mais c’est eux qui l’ont voulu.

Toutefois, le temps est passé vite, la seule et unique fois où j’ai demandé l’heure, il est 2H30 du matin. Cela explique ma fatigue. Je prends aussi conscience que j’en ai suffisamment vu pour le soir. Il est aussi vrai que j’aurais aimé jouer, participer en tant que soumise. Bien que j’ai parlé avec plusieurs dominants, d’une, ils étaient avec leur soumise et ne voulait pas d’autres partenaires, de deux, aucun ne m’a mise suffisamment en confiance pour le permettre.

Même si je pense qu’avec une tenue plus provocante et en demandant gentiment, cela aurait pu.

Ce club n’est pas si libertin en fin de compte. Peu importe, il a son charme et découvrir les plaisirs BDSM est tout aussi plaisant. J’ai pu assister à des pratiques que d’autres font et à des jeux que je pense pas pouvoir voir ailleurs.

J’ai passé un bon moment et un bon réveillon finalement.

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Un soir en club seule
Une soirée et une nuit avec Monsieur